Partie 2 : « On le devient » : la métamorphose des filles comme symbole du passage à l'âge adulte


Un article du Gorgonaïum :

Marianne Gossart, Claire Jeandidier, Daliane Piriou et Danaé Roques


Up where they walk, Up where they run, Up where they stay all day in the sun,

Wandering free, Wish I could be Part of that world, Saccrsty

L’adolescence est une transformation lente et progressive mais elle n’en reste pas moins potentiellement traumatisante. Les récits initiatiques la mettent en scène à travers la métamorphose : c’est la Petite Sirène, qui choisit de troquer sa voix contre un corps de femme humaine, c’est Odette, qui doit échapper au sorcier Von Rothbart qui la maintient sous une forme de cygne. Elles parviennent toutes les deux à achever leur métamorphose, mais au prix d’un pari : si elles ne se font pas aimer de leurs princes respectifs, elles mourront. Cette quête paraît d’autant plus difficile que se dresse sur leur chemin des obstacles récurrents.

 


A) Le Lac des Cygnes et Black Swan : l'adolescence comme douloureuse mue

Ces deux récits, celui de la Petite Sirène et celui d'Odette, comprennent de nombreux points communs. Ils présentent tous deux des jeunes filles prisonnières d’un univers marin et familial (l’océan pour la Petite Sirène, dont le père la défend d’en sortir, le lac pour Odette, qui est formé des larmes de ses parents désolés de perdre leur fille transformée en cygne). Elles ont toutes deux l’ambition de s’évader de leur milieu après qu’un homme y ait pénétré : doit-on voir une métaphore sexuelle ? Les milieux aqueux sont le domaine de la femme-monstre depuis les mythes antiques (1). Ils représentent les profondeurs humides et insondables de la matrice féminine. Le fait que ce soit systématiquement l’homme qui pénètre l’antre féminin n’est pas anodin. Si l’on file la métaphore d’un acte sexuel, les histoires évoquées correspondent à l’histoire des jeunes filles jusque très récemment dans la société : ayant perdu leur virginité, elles sont tirées vers un monde qui n’est pas le leur, celui du marché conjugal. Enceintes, elles doivent tout abandonner pour se livrer à celui qui deviendra leur mari. Dans ces récits traditionnels se reflètent les réalités patriarcales des sociétés qui les ont créés, mais les réinterprétations de ces contes offrent-elles une image mise à jour du chemin qu’a à parcourir une femme jusqu’à l’âge adulte ?

 

 

 

Aronofsky Darren, Black Swan, s.l., Cross Creek Pictures, 2011. (affiche promotionnelle)

Une chambre rose pleine de peluches, un lit d’enfant, le rituel d’une boîte à musique remontée chaque soir par la mère pour endormir sa fille. Et dans le lit : une grande adolescente âgée de 25 ans à l’air mal en point. Mais bien en pointes : Natalie Portman incarne Nina Sayers, une jeune danseuse talentueuse, dans Black Swan (2). Cette revisite cinématographique du ballet de Tchaïkovski Le Lac des Cygnes (3) créé en 1877, réalisée par Darren Aronofsky en 2011, dresse le portrait d’une jeune femme maintenue de force dans l’enfance par sa mère, ex-danseuse à la carrière anonyme. Et comme son alter ego Odette est prisonnière de sa forme de cygne qui l’empêche d’accéder au monde des hommes, Nina est piégée dans son métier de danseuse et sombre dans la folie. Black Swan est bien une reprise du Lac des Cygnes sous forme de mise en abyme : agressée sexuellement par le directeur du ballet, Nina se voit tirée de force de l’innocence naïve qui lui permettait d’incarner Odette à la perfection. Elle se retrouve face à un ultimatum similaire à celui de l’héroïne du Lac des Cygnes : ou bien elle répond aux avances de son agresseur et le convainc de la laisser jouer le double rôle Odette/Odile, ou bien elle sombre dans la folie.

Et comme Odile prend la place d’Odette auprès du Prince Siegfried en le séduisant telle une araignée piégeant sa proie dans sa toile (4), Nina se fait couper l’herbe sous le pied par Lily, qui maîtrise mieux qu’elle les codes de la séduction et qu’elle voit comme une rivale. Black Swan met en évidence ce que Le Lac des Cygnes ne faisait que sous-entendre : pour survivre dans le monde des hommes, les héroïnes doivent devenir Odile, se transformer en cette femme-chasseuse séductrice et sensuelle. Elles doivent se projeter dans un univers où le sexe joue un rôle important et duquel elles ne connaissent rien : c’est en Odile que doivent se métamorphoser Odette et Nina. 

Selon une version du ballet, la pureté de l’amour d’Odette et Siegfried vainc Von Rothbart, le prince lui coupe une aile et il meurt (5). Ce n’est pas la droiture d’Odette qui est célébrée dans cette fin, mais plutôt le courage de Siegfried qui, enfin, tue le père.

Dans Black Swan, c’est la nuit que Nina revêt sa forme de cygne aux yeux du public, mais sa particularité est qu’elle doit incarner à la fois le cygne blanc, Odette, naïve et enfantine, mais aussi le cygne noir, Odile, sensuelle et manipulatrice. Nina n’a aucun problème à incarner Odette : elle est ce personnage qui ne sait rien du monde des adultes. En revanche, interpréter Odile lui pose souci. Sa mère l’empêche de sortir et de fréquenter des gens de son âge, le directeur du ballet, Thomas Leroy, l’agresse sexuellement à de multiples reprises, et on assiste durant tout le film à la transformation de Nina en cygne noir, sans savoir s’il s’agit d’hallucinations : est-ce qu’elle gratte nerveusement son dos jusqu’au sang ou bien est-ce que de petites plumes noires sont en train de trouer sa peau ? Arrache-t-elle ses ongles par manie ou parce qu’ils se transforment en palmes ? Son processus de transformation s’aligne avec sa prise de conscience : elle est une adulte dans un corps d’enfant.

        Si les thématiques du Lac des cygnes sont essentiellement liées à la question de l’amour impossible, Black Swan nous livre une représentation du passage de l’adolescence à l’âge adulte, par le biais de la métamorphose de Nina qui du cygne blanc de l’enfance, se change en cygne noir de l’âge adulte. Pendant la majeure partie du film, les deux cygnes cohabitent, et cette cohabitation douloureuse est soulignée par les hallucinations terrifiantes. La métamorphose nécessite le meurtre de l’innocent cygne blanc : les deux sont incompatibles et ne peuvent coexister durablement dans un même corps. Le cygne noir de Nina est longtemps réprimé par sa mère, qui lui coupe les ongles à ras pour l’empêcher de se gratter nerveusement les omoplates, sous lesquels poussent ses ailes noires. Nina commence enfin à s’exprimer au nom du cygne noir, c’est-à-dire qu’elle prend enfin des décisions d’adulte, quand elle est choisie pour le premier rôle du Lac et est enfin réellement confrontée à l’extérieur.

    Ainsi, dans Black Swan, la métamorphose animale est utilisée pour souligner la difficulté pour les femmes du passage à l’âge adulte, tiraillées qu’elles sont entre la nécessité de paraître toujours une enfant et celle de devenir une adulte. L’adolescence est une période de transition, pendant laquelle ces deux âges essaient tous deux de prendre toute la place. La largeur de ce fossé est également mise en relief par les couleurs des cygnes : du blanc au noir, d’un extrême à l’autre. La métamorphose implique nécessairement la mort de la forme première pour laisser la place à la forme métamorphosée. Le cygne blanc est mort pour laisser place au cygne noir. L’enfance est morte pour laisser place à l’âge adulte, mais elle s’est farouchement défendue.


B) Des sirènes et des hommes : entrée sur le marché marital et transformation de la jeune fille en épouse-mère prête à l'emploi

Dans La Petite Sirène mais aussi dans Le Lac des Cygnes, les métamorphoses se font du monstre vers l’humaine : la Petite Sirène est une créature hybride, pas encore femme mais pas entièrement monstre. Il ne lui manque que les jambes. Quant à Odette, elle n’est cygne que le jour, et retrouve sa forme humaine la nuit. Dans les deux cas c’est comme si les héroïnes possédaient déjà les humaines en elles, qui ne demandaient que l’intervention d’un homme pour se stabiliser dans leur forme « normale ». Ce n’est pas le Prince Eric qui doit se transformer en triton : c’est la sirène qui doit faire le chemin jusqu’à l’homme.

Il ne s’agit donc pas de punir la femme en l’excluant du monde des humain.es mais de l’y intégrer, aussi différente qu’elle soit. On pourrait presque parler de domestication (6). Cette idée violente est renforcée par la symbolique autour de la figure de la sirène : c’est un poisson, ce sont les abysses, ce sont les tréfonds marins insondés qui regorgent de trésors inconnus. Les monstres sous-marins ont toujours ce statut un spécial, ils représentent un danger et un objet de convoitise pour les hommes (7). C’est comme si les femmes en tant que de sexe féminin étaient des monstres, et que la transformation était un processus de mise au niveau de l’homme. La Petite Sirène rencontre le Prince quand celui-ci est en train de se noyer, c’est-à-dire de pénétrer son univers propre qu’est l’océan. Une fois de plus, on a là l’image d’une relation sexuelle : l’océan humide, fécond et inconnu comme image du sexe de la femme, pénétré par le prince. C’est cela qui projette la Petite Sirène dans le monde des adultes. Et il est significatif que ce soit elle qui doive s’adapter au monde des hommes (en tant que sexe masculin) et non le Prince : c’est la Petite Sirène qui doit rejoindre son monde en se transformant, pas l’inverse. C’est la femme qui doit devenir « standard » et combler son altérité. Et pile au moment où elle entre dans ce monde humain et masculin, on la prive de tout ce qui la faisait femme et puissante, et elle est affublée de tares physiques qui la rendent inadaptée à ce monde.

 

Musker John et Clements Ron, La Petite sirène, s.l., Walt Disney Studios Home Entertainment, 1989. (capture d’écran)

 

 Dans le conte traditionnel d’Andersen, une des contreparties à la transformation de la Petite Sirène en humaine, et notamment le don de jambes, est la douleur : chaque pas lui donne l’impression de marcher sur des couteaux aiguisés. Elle endure la douleur en silence et danse pour séduire le prince. On peut voir cela comme une métaphore des menstruations : l’entrée de la femme dans le monde adulte (pour la Petite Sirène, le monde des humains) se fait par le sang et la douleur, d’autant plus que les premières menstruations sont un événement précis qui symbolise la puberté, comme la métamorphose qui est un changement brusque. De plus, la Petite Sirène dispose d’un temps limité pour être aimée du prince (amour scellé par un baiser), sans quoi elle sera condamnée : « Si tu échouais et que le prince en épouse une autre, dit la sorcière, à l’aube de ce mariage, ton cœur se briserait et tu ne serais plus qu’écume sur la mer. » On y voit l’expression de la pression maritale chez les jeunes filles, menacées de finir « vieille fille » si elles ne se marient pas jeunes, ce qui est un déshonneur.

            De plus, le pacte indique que La Petite Sirène doit se faire couper la langue et donner sa voix à la sorcière des mers, alors que c’est justement cette voix magnifique qui la caractérisait. Ainsi en entrant dans le monde marital, la femme est dépossédée de ses talents et de ses particularités, elle doit s’effacer derrière son mari et faire figure discrète et docile. Pour cela, la symbolique de la voix n’est pas anodine : non seulement elle perd son talent de chant, mais sa voix est également sa parole, l’expression de son opinion. On a souvent privé la femme de sa voix, par la moquerie, la censure, voire même la violence. Lui enlever sa voix, c’est presque une castration, une excision, symptomatique de ce que la femme doit subir dans le mariage. Cependant, si l’adaptation récente de Walt Disney a simplifié et idéalisé l’histoire en faisant s’épouser la petite sirène et le prince par amour, le dénouement du conte original propose une interprétation intéressante : le prince épouse une princesse, donc la sirène est condamnée à la mort. Mais on lui propose de redevenir sirène à condition qu’elle tue le prince. Par bonté, elle préfère se sacrifier. Pour son geste, au lieu de se transformer en écume, elle se transforme en « fille de l’air »  

« Comme la sirène, les filles de l’air n’ont pas une âme immortelle, mais elles peuvent en gagner une par leurs bonnes actions ». Ainsi, on peut voir que la petite sirène a accompli une destinée en dehors du mariage et s’est sauvée elle-même par sa vertu morale. Bien que cela entretienne la vision de la femme dans le sacrifice pour l’homme, elle a eu ici la liberté de le faire, n’étant pas mariée au prince, et ainsi se démarque, s’élève au-delà de l’homme par sa bonté.

 

C) Des mères qui vieillissent : se métamorphoser ou métamorphoser sa fille pour conserver sa propre jeunesse

Dans le conte Blanche-Neige des frères Grimm, la méchante reine veut s’assurer d’être la plus belle de tout le royaume. Elle ne peut supporter d’être dépassée par Blanche Neige, sa jeune et splendide belle-fille. Elle est prête à la tuer pour être de nouveau la plus belle, d’abord en envoyant un chasseur, qui n’ose la tuer, puis en se métamorphosant en vieille femme qui lui offre une pomme empoisonnée. Dans Witches, Sluts, Feminists, Kristen J. Sollee observe que les films des studios Disney, à l’instar de Blanche-Neige et les septs nains ou La Belle au bois dormant, « mettent en scène un affrontement générationnel entre de vieilles sorcières et de jeunes beautés, faisant ainsi reposer la valeur d’une femme sur sa fertilité et sa jeunesse - jamais sur une sagesse durement acquise ». Dans Blanche-Neige et les sept nains, la métamorphose est utilisée pour réussir sa ruse et ainsi sacrifier la vie d’une jeune fille à l’estime de sa beauté et implicitement de sa jeunesse. Pourquoi se métamorphoser en vieille femme afin de piéger la jeune fille ? Nous pourrions établir un parallèle avec le mythe d’Arachné, dans lequel Athéna défie d’abord la tisserande sous forme de vieille femme, une métamorphose inhabituelle pour les dieux. Ce qui pourrait expliquer ce choix de transformation, c’est le fait que couramment, la vieille femme incarne une mise en garde : marquée par l’expérience, la sagesse, la prudence, elle vient souligner ce qu’il y a d’insensé et de dangereux dans la conduite d’Arachné, et suscite la confiance et la pitié chez Blanche-Neige. 

 


Hand David Blanche Neige et Les Sept Nains, s.l., Walt Disney Studios Home Entertainment, 1937. (capture d’écran)

 

Toujours dans l’optique des vieilles femmes de rester jeunes et belles, le conte de Raiponce montre une jeune fille bloquée dans sa jeunesse par une femme plus vieille. Dans l’original des frères Grimm, on ne sait pas réellement pour quelle raison la sorcière retient Raiponce dans son château, cependant on voit bien que l’enfermement de la princesse est l’obstacle à la découverte du monde, aux rencontres, et ainsi à l’âge adulte. Dans la version de Walt Disney, les raisons de la sorcière sont bien plus claires : la sorcière, qui fait croire à Raiponce qu’elle est sa mère, a besoin du pouvoir magique de ses cheveux pour rester jeune. C’est donc au prix de la maturité de Raiponce que la sorcière conserve sa jeunesse, et c’est grâce à Raiponce qu’elle se métamorphose en plus jeune qu’elle n’est. A la fin, lorsque les cheveux de Raiponce sont coupés, le pouvoir disparaît et la sorcière se métamorphose tout à coup en très vieille femme, puis meurt. A ce sujet, Mona Chollet observe dans son essai Sorcières, la puissance invaincue des femmes que « Pour tenter de s’épargner le sort de la compagne délaissée et humiliée, et plus largement l'opprobre lié à l’âge, les femmes qui en ont les moyens s’acharnent en effet à maintenir leur apparence aussi inchangée que possible. Elles relèvent ce défi absurde : prétendre que le temps ne passe pas, et donc ressembler à ce que notre société considère comme la seule forme acceptable pour une femme de plus de trente ans : une jeune fille embaumée vivante. ». C’est pourquoi les femmes ont plus facilement recours au botox ou à la chirurgie que les hommes ; le botox permet de figer sa jeunesse physique et la chirurgie est la métamorphose du corps pour l’adapter, souvent à des critères de beauté communément établis - qu’il s’agisse de plaire à l’autre ou à soi-même. Cette course illusoire contre le temps, résultat de la pression sociale, conduit à user de tous les moyens pour maintenir son apparence de jeunesse -crèmes anti-âge, opérations, teintures contre les cheveux blancs. La métamorphose, dans un cadre fantastique, est un de ces moyens. 

De même pour La Belle au bois dormant de Charles Perrault, qui est retenue endormie dans son château à partir de ses 16 ans par une sorcière. Tout d’abord, le fait qu’elle saigne en étant piquée par un fuseau renvoie à la symbolique du premier rapport sexuel et de la brisure de l’hymen. Cette malédiction du sommeil éternel serait donc un frein à poursuivre la découverte de la sexualité, donc à entrer dans le monde adulte. La sorcière se métamorphose en dragon afin d’empêcher le prince de pénétrer dans le château et de la réveiller. La métamorphose a ici une fonction d’obstacle monstrueux : la dragonne protège jalousement la fille du monde de la vie active (8).


        Cette jalousie des vieilles femmes est légitime au vu du dégoût qu’elles provoquent dans la société patriarcale, radicalement opposé à la beauté et la désirabilité des jeunes femmes. Simone de Beauvoir théorise cette vision de l’âge de la femme dans Le Deuxième Sexe. La vieille femme, c’est la mère qui rappelle à l’homme sa naissance dans le monde, son enveloppe terrestre, qui l’empêche de se penser comme pure intelligence. La figure de la mère, et surtout de la belle-mère, c’est l’annonce de la future décrépitude de l’épouse, qui dès lors qu’elle est soumise dans le mariage, perd ses qualités érotiques. C’est pour cela que nombre de contes et de mythes montrent des femmes voulant rester éternellement jeunes et belles. Ce qui pourrait aussi expliquer le dégoût et la peur provoquée par les vieilles femmes, c’est le fait qu’elles incarnent des individus à part entière. C’est le postulat de Mona Chollet dans son essai Sorcières, la puissance invaincue des femmes. Selon elle, « le corps féminin vieillissant agit comme “un rappel du fait que les femmes ont un ‘soi’ qui n’existe pas que pour les autres” ». Elle écrit :  « Avec le temps, sa dimension d’individu est devenue plus nette. Elle a gagné en expérience, si ce n’est en assurance. Or le seuil de tolérance est bas : une femme sûre d’elle, qui affirme ses opinions, ses désirs et ses refus, passe très vite pour une harpie, une mégère [...] ». Ce qui apparait le plus condamnable dans l’âge de femme, ce n’est pas tant sa prétendue laideur que son expérience et sa dangereuse indépendance.

 

Bibliographie :

Récits sources :

Andersen Hans Christian et Grégoire Ernest, « La petite Sirène » in Contes d’Andersen, s.l., Independently published, 2020.

Grimm Jakob, Grimm Wilhelm et Rochut Jean-Noël, « Raiponce » in Les contes de Grimm. Version intégrale, Paris, Auzou.

Perrault Charles et Doré Gustave, « La Belle au Bois Dormant » in Contes, Paris, EDL, 2019.

Tchaïkovski Piotr Ilitch, Petita Marius et Begitchev Vladimir Pétrovitch, Le Lac des cygnes, s.l., s.n., 1875.

 

Reprises contemporaines :

Aronofsky Darren, Black Swan, s.l., Cross Creek Pictures, 2011.

Demy Jacques, Peau d’Âne, s.l., ARTE ÉDITIONS, 1970.

Geronimi Clyde, La Belle au Bois Dormant, s.l., Walt Disney Studios Home Entertainment, 1959.

Hand David, Blanche Neige et Les Sept Nains, s.l., Walt Disney Studios Home Entertainment, 1937.

Howard Byron et Greno Nathan, Raiponce, s.l., Walt Disney Studios Home Entertainment, 2010. 

Musker John et Clements Ron, La Petite sirène, s.l., Walt Disney Studios Home Entertainment, 1989.

 

Analyses de récits :

Fisher Mark et Jacobs Amber, « Debating Black Swan: Gender and Horror », in Film Quarterly, no 1, vol. 65, 2011, p. 58‑62.

Frontisi-Ducroux Françoise, L’homme-cerf et la femme-araignée, Paris, Gallimard, 2003, 300 p.

 

Références féministes générales :

Beauvoir Simone de, Le deuxième sexe, tome 1, Paris, Gallimard, 1986, 408 p.

Beauvoir Simone de, Le deuxième sexe, tome 2, Paris, Gallimard, 1986, 663 p.

Chollet Mona, Sorcières. La puissance invaincue des femmes, s.l., Zones, 2018, 240 p.

Sollee Kristen J., Witches, Sluts, Feminists, Berkeley, ThreeL Media, 2017, 200 p.

 

Notes :

(1) Simone de Beauvoir, Le Deuxième sexe : « Au coeur de la mer, il fait nuit : la femme est la Mare tenebrarum redoutée des anciens navigateurs ; il fait nuit dans les entrailles de la terre. Cette nuit, où l'homme est menacé de s'engloutir, et qui est l'enverse de la fécondité, l'épouvante. Il aspire au ciel, à la lumière, aux cimes ensoleillées, au froid pur et cristallin de l'azur ; et sous ses pieds, il y a un gouffre moite, chaud, obscur tout prêt à le happer ; quantité de légendes nous montrent le héros qui se perd à jamais en retombant dans les ténèbres maternelles : cavernes, abîme, enfer. » 

(2) Pour la bande annonce du film : Black Swan Nouvelle Bande-Annonce HD VF

(3) Pour une écoute du ballet : Tchaikovski - Swan Lake (complete)

(4) Dans Black Swan, le directeur du ballet hurle ces consignes à Nina lorsqu'elle danse la partie d'Odile : « Allez ! Enchaîne les fouettés comme une araignée qui tisse sa toile ! Attaque ! Attaque ! Allez ».

(5) Serait-ce une castration œdipéenne ? Cf. partie 3

(6) Françoise Frontisi-Ducroux, L'homme-cerf et la femme araignée « Les métamorphoses animales et élémentaire (en feu et en eau) de la déesse [marine] correspondent à un certain fond de la nature humaine, versatile, imprévisible, inquiétante et terriblement proche de l'animalité : il faut la soumettre par la force et la domestiquer avant de s'unir à elle par le mariage. ».

(7) Françoise Frontisi-Ducroux, L'homme-cerf et la femme araignée « Créatures instables, mouvantes, que leur hybridité, que leur polymorphie ou leur hybridité place déjà au confluent de plusieurs espèces, que leur mode de vie amphibie [...] rend inacessible aux humains. ».

(8) Pour voir la métamorphose de Maléfique en dragon : La Belle au Bois Dormant - Scène du Dragon

 

 



 



 

 

 

 

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