La place de la femme : pas forcément à la cuisine

 



            Bonjour à tous et à toutes,


            Moi c’est Danaé Roques, CPES1B Humanités, du groupe Gorgonaïum. Notre sujet de recherche se porte sur la métamorphose de la femme en animal ou en bête dans les mythes, les légendes, les contes, et leurs adaptations récentes. Nous avons à travers la métamorphose étudié l’image des femmes dans ces œuvres, ainsi notre dossier aborde les choses sous l’angle du féminisme. En effet, nous sommes toutes les quatre intéressées par cette cause. Je souhaiterais donc vous raconter mon expérience du féminisme.

 
           Je ne me souviens pas avoir eu de déclic en particulier. Je crois simplement qu’à force d’entendre des témoignages, de constater des faits dans mon entourage, de consulter les réseaux sociaux, de voir des films et des séries témoignant du traitement des femmes dans l’histoire, je me suis peu à peu rendue compte de toutes les discriminations, préjugés, inégalités subies par les femmes. Je me suis faite klaxonner dans la rue accompagné par un « jolies les filles ! » alors que je discutais avec une amie. Ma mère s’inquiète quand je prends les transports en robe ou jupe. On me répète depuis des années que mon corps doit être comme ci, comme ça, correspondre aux standards de la société, qui s’appliquent certes aussi aux hommes mais qui sont nettement moins persistants. Je n’ai que deux stations de RER B et ça fait déjà deux fois depuis le début de l’année que je vois un homme se faire crier dessus car il a touché une inconnue sans son consentement. J’ai plusieurs amies qui se sont faites siffler, reluquer ou même poursuivre dans la rue. Mes grands parents me demandent à chaque fois que je les vois quand je vais me marier, et on m'a déjà dit que je ferai une bonne épouse parce que j'aime cuisiner. Le patriarcat dans nos sociétés impose tout un tas de diktats à la femme, mais aussi l'objectifie et l'hypersexualise, diffusant la culture du viol.

            Alors j’ai commencé à en parler autour de moi, à mes amis, à ma famille, à débattre sur Twitter, faisant face à des réactions mitigées : on m’a souvent dit que j’allais trop loin, que j’exagérais, et que de toute façon, l’égalité était atteinte aujourd’hui. D’ailleurs j’en profite pour avertir de la violence et de la fermeture d’esprit qu’on peut rencontrer sur les réseaux sociaux : sur Twitter, j’ai eu parfois des débats très intéressants, mais aussi des hommes me traitant de « salope », de « frustrée », ou encore de « féminazie » comme seule réponse à mes paragraphes argumentés. D’abord en colère et déterminée, je m’efforçais toujours de répondre ; aujourd’hui j’ai compris qu’on ne pouvait malheureusement pas refaire l’éducation de tout le monde.

            Quand on dit que je vais trop loin, on me compare souvent à une féministe extrémiste misandre. Pourtant ces femmes qui veulent s’imposer au détriment des hommes ne représentent qu’une partie mineure des féministes. Et cette infime proportion a donné à tout le mouvement une image exécrable. J’ai entendu des gens dire : « Je ne suis pas féministe, je veux juste l’égalité. » J’ai un scoop : être féministe, c’est justement vouloir l’égalité entre hommes et femmes. Et tout le monde peut l’être : hommes, femmes, ou autres. On utilise souvent cet argument pour contredire une féministe : j’y vois surtout une volonté de faire taire et décrédibiliser une femme qui exprime ses idées.

            On me reproche également souvent de m’attarder sur des détails, de chercher la petite bête. Je l’assume. Car je pense que chacun de nous a déjà pensé ou prononcé des propos sexistes une fois dans sa vie. Cela ne fait pas de quelqu’un une personne fondamentalement misogyne. Chercher la petite bête, c’est justement essayer de pointer ses erreurs et celle des autres, afin d’en prendre conscience et de ne plus les reproduire. Par exemple je peux vous conseiller le compte Pépite Sexiste sur Twitter et Instagram qui dénonce les stéréotypes sexistes diffusés par le marketing.

          Pour mon compte rendu critique, j’ai dû lire une partie du Deuxième Sexe de Simone de Beauvoir. Cet essai m’a fasciné sur un point : il a été écrit en 1949, et pourtant on y reconnaît encore la société actuelle, avec des stéréotypes qui, bien qu’atténués, persistent. Je peux aussi vous conseiller Mona Chollet, d’autres Beauvoir, Virginia Woolf... Et côté films et séries, c’est surtout à travers des œuvres historiques que ma sensibilité féministe s’est développée : Les Suffragettes, Downtown Abbey, La Chronique des Bridgerton, La Couleur des sentiments, Les Figures de l’ombre, etc. L’art est je pense une très bonne manière de se sensibiliser à la question. Et puis lire des témoignages, qu’on trouve facilement sur internet ou sur les réseaux sociaux, permet de se rendre compte que, même dans les pays occidentaux où les hommes et les femmes sont égaux en droit aujourd’hui, de nombreux stéréotypes, pressions sociales et problèmes persistent. Attention cependant, trop en lire peut vous mettre en colère, voire vous faire sombrer dans le désespoir, je parle d’expérience.

            S’informer, en parler, dénoncer le sexisme, c’est quelque chose que nous pouvons tous faire au quotidien à notre niveau pour tenter de changer les mentalités. Car je pense que le problème est plus là aujourd’hui que dans la loi. Et si vous voulez jeter un œil, j’aborde la thématique du sexisme dans la littérature, les mythes, les légendes, les contes, etc à travers une petite pièce de théâtre sur Le Deuxième Sexe (mon compte rendu critique alternatif), et avec mes partenaires Marianne, Daliane et Claire dans notre dossier recherche.

            Merci de m’avoir lue et bon courage à tout le monde pour les semaines de travail à venir !


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